Battre la mesure sur un morceau de Daft Punk, se laisser porter par les nuances des Les Quatre Saisons de Antonio Vivaldi ou s’exercer patiemment au piano : autant d’expériences musicales qui sollicitent de nombreuses fonctions cérébrales. Depuis plusieurs années, la musique suscite un intérêt croissant en tant que levier potentiel dans l’accompagnement de certains troubles cognitifs.
Une étude récente menée par Sivan Raz, chercheuse au sein de l’université Tel-Hai en Israël, s’est penchée sur ses effets chez des personnes atteintes de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). L’objectif : explorer l’association entre pratique instrumentale et performances cognitives.
Une étude sur le lien entre musique et TDAH
Les chercheurs ont recruté 94 participants diagnostiqués TDAH, parmi lesquels 48 pratiquaient le piano ou la guitare depuis au moins cinq ans. L’ensemble des volontaires a été soumis à une série de tests cognitifs standardisés.
Les résultats montrent que les participants musiciens obtiennent, en moyenne, de meilleurs scores que les non-musiciens. Des différences ont notamment été observées en matière de mémoire de travail et de maintien de l’attention. Lors d’une épreuve de flexibilité cognitive — consistant à alterner rapidement entre différentes consignes —, les musiciens ont commis moins d’erreurs, suggérant une meilleure capacité d’adaptation.
Autre élément relevé par les auteurs : un temps de réponse légèrement plus long chez les musiciens, mais plus stable d’une tâche à l’autre. Ce profil pourrait traduire une meilleure régulation des réponses impulsives, caractéristique souvent mise en difficulté chez les personnes atteintes de TDAH.
Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats mettent en évidence une corrélation, et non un lien de causalité direct. D’autres facteurs — comme l’environnement, la motivation ou l’entraînement cognitif global — pourraient également jouer un rôle.
Si ces travaux ne permettent pas de conclure à un effet thérapeutique à part entière, ils contribuent néanmoins à alimenter la réflexion sur l’intérêt de la musique comme outil complémentaire dans la prise en charge du TDAH.

